L’hypnose?

L’hypnose?

Quand on commence à se renseigner sur l’éventualité de tester l’hypnose pour résoudre un problème, une difficulté, une addiction, on se rend vite compte qu’il n’y a pas une seule école, un seul courant d’hypnose.

On tombe aussi régulièrement sur des documentaires les plus insensés, dont le simple but est de faire de l’audimat…et quoi de mieux que le sensationnel pour ça?

L’hypnose, au sens strict vient du grec « húpnos », qui signifie « le sommeil ». Une des définitions les plus larges et pourtant les plus évidentes de l’hypnose pourrait être la fameuse:

« Modification de l’état de conscience ».

Le risque avec une telle définition est de laisser la place à toutes les interprétations et tous les fantasmes que l’hypnose peut générer.

S’il y a bel et bien un état modifié de conscience, laissez moi vous faire remarquer que tout au long de la journée, vous n’avez certes pas le même niveau de conscience constamment. Et heureusement.

Si cela vous est déjà arrivé, par exemple, de vous retrouver klaxonner au feu rouge, passé au vert depuis un moment déjà parce que vous étiez dans vos pensées, dans vos rêveries…vous étiez déjà dans un état modifié de conscience. Certain appellent ça les « états d’hypnose quotidiens »

Vous avez déjà été sous hypnose!

Si vous avez déjà fait l’expérience décrite plus haut, vous avez déjà été sous hypnose. A vrai dire, tout le monde a déjà fait ce genre d’expérience personnelle avec l’hypnose.

D’autres expériences quotidiennes pourraient être citées: vous êtes tellement « absorbé » par un film que vous avez l’impression d’être dans l’action, vous êtes tellement « absorbé » par un match de votre équipe préférée que vous n’entendez pas le téléphone sonner etc…

Essayez l’expérience suivante à ce propos:

Imaginez que vous avez soif, vous n’avez pas bu depuis un certain moment et maintenant, imaginez un citron, bien jaune, bien juteux. La salive n’afflue-t-elle pas automatiquement dans la bouche?

Bravo, vous venez de vivre un mini état d’hypnose et celui-ci a déclenché une réaction physiologique chez vous! Vous avez inconsciemment déclenché la réponse de salivation de votre organisme!

L’hypnose de scène

S’il est très spectaculaire de voir un artiste qui semble « prendre le pouvoir » « avoir l’emprise » sur ses spectateurs, sachez aussi que ce type d’hypnose est fort peu pratique et fort peu utile dans le cadre d’un cabinet de consultation.

A aucun moment non plus, même si cela semble très vrai, l’artiste ne pourra prendre le contrôle de ses spectateurs. Disons simplement que si les spectateurs semblent accepter tous les ordres de l’hypnotiseurs, c’est qu’ils le veulent bien, qu’ils sont particulièrement suggestibles, qu’ils veulent faire le show.

Pour vous donner un ordre d’idée, lors du passage d’un grand hypnotiseur de spectacle canadien à Bobino, et bien que la salle était remplie, soit environ 800 personnes, seulement une vingtaines d’entre elles ont pu jouer le jeu et faire le spectacle. Soit une proportion particulièrement faible! Mais leurs actes semblaient tellement spectaculaires qu’on n retient souvent que ça.

Lors des tests de suggestibilités préalables, aucun de mes amis qui m’accompagnaient n’ont réussi ce test…et pourtant ils avaient tous déjà testé l’hypnose avec moi ou avec des confrères.

L’hypnose Ericksonienne:

C’est cette forme d’hypnose que nous pratiquons au cabinet des Batignolles. Elle tire son nom du célèbre psychiatre américain « Milton Erickson » qui a tout bonnement révolutionné cette pratique.

Erickson est considéré par certains comme le père de la thérapie brève. Il a inspiré de nombreux grands thérapeutes et de nombreuses techniques de traitement, parmi lesquelles figure peut-être la célèbre PNL (Programmation Neuro-Linguistique)

Atteint de la poliomyélite à l’âge de 17 ans, il commence son art en étant son propre sujet d’entrainement.

Tout au long de sa vie il développe sa technique, pour en faire une pratique « indirecte » et permissive. Le patient devient l’acteur de son propre changement, car il possède en lui toutes les ressources nécessaires à celui-ci. Ce qui implique aussi qu’à aucun moment, le praticien ne « prend le contrôle » de son sujet. Bien au contraire, c’est le sujet qui « reprend le contrôle » de son symptôme.

Génie de la communication, il était surtout très connu pour son sens très particulier, très fin de l’observation, lui permettant d’adapter au mieux la conduite de la thérapie.

La P.N.L (programmation neuro-linguistique)

Sous ce nom compliqué se trouve une fabuleuse technique de communication.

Inventée dans les années 1970 aux Etats-Unis par Richard Bandler et John Grinder, respectivement mathématicien et linguiste, la PNL s’est répandue dans le monde entier et dans des domaines très divers tant par son efficacité que part sa facilité. On retrouve aujourd’hui la PNL dans la thérapie, dans le marketing, la publicité et même au cinéma!

Elle repose sur le concept que « la carte n’est pas le territoire ».  Autrement dit, chaque individu a sa propre vision du monde, son propre univers, sa propre subjectivité. Ainsi, si 2 personnes regardent exactement le même objet, la même situation, elles y verront pourtant 2 choses tout à fait différentes. L’une observant un obstacle et l’autre une opportunité, par exemple.

La modélisation, c’est à dire la recherche de modèles et la compréhension de leur façon d’appréhender leur propre carte du monde constitue donc un élément fondamental de cette pratique. C’est d’ailleurs comme ça que s’est créée la PNL. Bandler et Grinder ont cherché et modélisé les plus grands thérapeutes et communicants de leur époque. Et notamment Milton Erickson.

J’affectionne beaucoup la PNL et m’en sers très souvent dans ma pratique. C’est à mon sens, une autre forme d’hypnose, plus mathématique, logique, et d’apparence plus « cadrée ».

L’hypnose conversationnelle et le discours stratégique

C’est une autre forme d’hypnose et de thérapie brève. Ici, par des techniques linguistiques ou rhétoriques, le praticien peut orienter la thérapie et mettre rapidement le sujet dans une situation de changement.

Changement dans ses croyances, dans ses comportements, dans ses façons d’agir par rapport à une situation qui se répète.

Inspirée par la PNL mais aussi, entre autres, les travaux de Nardone et Watzlawick est particulièrement efficace pour des prises de conscience rapides et durables de schémas dysfonctionnels.

Elle se pratique les yeux ouverts, sans « transe formelle », et peut donc être très indiquée chez les sujets qui ont particulièrement peur de fermer les yeux, de perdre le contrôle etc…Cette pratique ressemble beaucoup plus à de la thérapie « classique », justement par le fait qu’il s’agit plus d’un dialogue, d’un échange, d’une discussion, mais à la différence majeure, qu’elle est réellement orientée « solution ».

Pourquoi en effet parler d’une cause et d’un comportement répété depuis longtemps et qui ne fonctionne pas, ou qui n’est pas acceptable par le patient, autrement dit, chercher le « pourquoi » alors qu’il est si facile de chercher le « comment » et influer sur celui-ci pour amener un changement rapide et durable?

 

La thérapie provocatrice

Dans la suite logique de cette présentation des différentes formes d’hypnose et de thérapies pratiquées au cabinet, il est normal et essentiel de parler de la thérapie provocatrice, mise au point par Franck Farelly.

Vous en trouverez une description détaillée dans ce lien.

Sachez que j’affectionne particulièrement cette technique, qui ne saurait s’appliquer sans une bonne relation avec le sujet. Par la provocation, on pousse le sujet dans ses derniers retranchements, dans l’illogique de son comportement afin de déclencher chez lui un sursaut, une réaction d’orgueil parfois, qui le pousse au changement.

 

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